Exposition Photos, J-L Roussely

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Prochaines dates

  • Du lundi 12 août 2019 10:00 au dimanche 18 août 2019 18:00

Localisation

29 Grande Rue
03140 CHARROUX
FRANCE

Description

Exposition photos de Jean-Louis Roussely.
A l'est d'Ispahan, le désert.

Entrée libre de 10h à 12h30 et de 15h à 18h30.
jean-louis.roussely@orange.fr

«  Il faut voyager pour frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui  »   (Montaigne, Essais)
 
Cette année nous avions pour objectif la traversée des deux grands déserts  iraniens. Tout d’abord le Dasht E Kavir qui s’étend à l’Est d’une route Téhéran - Ispahan - Yazd  jusqu’à la frontière afghane et recouvre une partie des régions d’Ispahan et de Yazd ainsi que le Khorassan Sud. Ensuite ce devait être le Dasht e Lut, au sud du précédent ; arrivés à Birjand, nous avons appris que des inondations avaient détruit plusieurs ponts sur la route vers Kerman, nous avons du faire demi tour. Cela nous a donné l’occasion de découvrir d’autres aspects du Dasht e Kavir où la diversité des paysages est une source toujours renouvelée d’émerveillement.
 Inondations? Cela sonne étrange s’agissant de déserts. Pourtant ils ne sont pas totalement exempts de précipitations, parfois brutales.
 Encadré par les hauts massifs de l’Elborz au Nord et du Zagros à l’Est qui sont les principaux réservoirs  du pays, le plateau central iranien est sillonné de petites chaînes montagneuses comme autant de châteaux d’eau (tout est relatif) au pied desquelles des oasis se sont développées. Elles jalonnent les grandes routes qui traversent la région ; autrefois elles permettaient l’approvisionnement en eau et en nourriture des caravanes.
 
 Au XVII° siècle, en Iran, toutes les routes menaient à Ispahan, témoignage éclatant de la capacité des hommes à surmonter l’hostilité apparente de la nature. 
 Depuis la place Royale,  derrière le palais de Shah Abbas I sous l’impulsion duquel la ville s’est couverte de jardins et de palais, on aperçoit les montagnes d’où descend le fleuve, le bien nommé Zarundeh rud, littéralement « celui qui donne la vie » ou encore « celui qui est toujours vivant ». 
 Pour irriguer les champs et nourrir une population de plus de 600000 habitants (1), pour alimenter les canaux qui sillonnaient la ville, on avait construit des barrages. On est allé, avec des travaux pharaoniques pour l’époque, jusqu’à détourner le cours d’un torrent pour le contraindre à donner au fleuve suffisamment de force pour satisfaire aux besoins de la ville et des campagnes environnantes. C’était au XVII° siècle…
 
 Mais, il y a une quinzaine d’années, les autorités ont fait édifier un nouveau barrage en amont qui… détourne toute l’eau du fleuve pour les besoins industriels de Yazd, 300 km plus au Sud. Des hommes ont tué « celui qui est toujours vivant ». Catastrophe! Catastrophe pour les agriculteurs privés d’irrigation, catastrophe pour des habitants privés de leur si fidèle et si bienfaisant ami. C’est au XXI° siècle …
 Après de très vives protestations populaires, l’eau est maintenant rétablie quelques semaines au printemps. L’extraordinaire atmosphère de fête sur les rives après qu’en avril le fleuve a repris (très provisoirement) son cours en dit long sur le rapport de la population à son fleuve et, plus généralement, à l’eau, dans ce pays.
 Depuis les années 60-70 le développement accéléré des grandes villes a eu pour corollaire la dépopulation des campagnes dans les régions les plus arides. Des villages du désert sont totalement abandonnés, dans d’autres la vie se maintient à peine. Les constructions en pisé privées d’entretien ne résistent pas au vent (et aux rares pluies), les murs de terre reviennent à la terre. Le risque est grand que toute trace de la présence des hommes et de leur gestion rationnelle des fragiles ressources naturelles disparaisse après des millénaires d’occupation. 
 
 Nous avons été hébergés dans des maisons traditionnelles de villages (qu’un tourisme raisonnable pourrait contribuer à sauver ) où l’accueil de l’étranger est aussi chaleureux que dans les villes. C’est pourquoi si les photos évoquent les paysages et le patrimoine j’ai voulu qu’elles fassent la plus large place aux rencontres avec des iraniennes et des iraniens dont chacun sait à  quelles difficultés ils sont confrontés.
 En écho à leurs problèmes, et en témoignage de reconnaissance pour nos hôtes, je laisse la conclusion à l’écrivaine iranienne Nahal Tajadod (2).  A propos de la sortie de son livre "Passeport à l'iranienne" elle répondait  : "(…) Cela correspondait à l'époque où Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, disait que le bombardement de l'Iran n'était pas à exclure. Je me suis rendu compte qu'à mon échelle, j'étais en train d'empêcher un bombardement de l'Iran, en parlant tout simplement des Iraniens aux Français. Un jour, un journaliste français m'a dit : " Si on avait eu des images de l'Irak, si on avait lu des livres des auteurs irakiens, on n'aurait pas adhéré à l'invasion de l'Irak, car on ne voyait que Saddam Hussein!" Lorsque Abbâs Kiarostami montre un petit enfant dans son film "Devoirs du soir", le public étranger qui a vu cet enfant acceptera difficilement le bombardement de l'Iran." (interview à « La revue de Téhéran », Août 2010)
 
(1) :  Selon le chevalier Chardin les évaluations sur la population d’isfahan dans les années 1670 variaient entre six cent mille et un million d’habitants (« Les voyages en Perse du Chevalier Chardin »).
 
(2) : Nahal Tajadod  vit en France depuis l’âge de 17 ans. Si « Passeport à l’iranienne » ne va pas beaucoup plus loin que l’anecdote, « Debout sur la terre » est un remarquable biographie de sa mère, très bien écrite, qui,  non seulement trace le portrait de femmes extraordinaires mais donne encore un éclairage très intéressant sur l’histoire de la révolution de 1978 et de la période qui l’a précédé.

 
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